La Fortune de Paris : l’octroi et les revenus de la ville (Récit Historique) par Maxime Du Camp

La Fortune de Paris : l’octroi et les revenus de la ville (Récit Historique) par Maxime Du Camp

Titre de livre : La Fortune de Paris : l’octroi et les revenus de la ville (Récit Historique)
Date de sortie : December 27, 2015
Auteur : Maxime Du Camp
Broché : 43

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Maxime Du Camp avec La Fortune de Paris : l’octroi et les revenus de la ville (Récit Historique)

Extrait du livre :

Dans les études qui précèdent celle-ci, nous avons essayé de faire comprendre le mécanisme des organes à l’aide desquels fonctionne le grand corps de Paris. Nous avons limité le champ de nos investigations aux services publics qui relèvent directement de la municipalité ou de l’état, et nous avons rejeté avec soin hors de notre cadre tout ce qui était administration particulière, ne voulant sous aucun prétexte avoir à nous prononcer sur la valeur des exploitations privées qui, tout en servant l’intérêt général, n’ont été établies qu’en vue d’intérêts personnels. C’est l’historique des administrations abstraites, pour ainsi dire, que nous avons cherché à retracer, de celles qui, agissant en vertu d’un but supérieur, ont pour mission de subvenir aux besoins moraux, intellectuels et physiques de 2 millions d’hommes. On a pu voir que Paris ne manque pas à sa tâche, que chaque jour il s’efforce d’améliorer, sous toutes les formes, les conditions qui assurent l’existence de son peuple. Une telle œuvre, si compliquée, si multiple, si énorme, dont les exigences s’accentuent et se renouvellent sans cesse, nécessite de lourdes dépenses, et implique des ressources inépuisables. Paris a-t-il donc une fortune qui lui permette de rémunérer les agens qu’il emploie et de donner l’impulsion à tous ses engrenages administratifs ? Non, Paris est pauvre, et il mourrait de faim, s’il ne s’assurait l’argent qui lui est indispensable en le demandant au peuple même qu’il a charge de surveiller et de secourir. Ce qu’il lui prend d’une main, il le lui rend de l’autre ; les centimes qu’il reçoit de l’homme individuel deviennent les millions dont profite l’homme collectif ; c’est peut-être parce qu’il entre beaucoup de bétail aux abattoirs que nous avons un excellent système hospitalier. Les ressources de Paris sont importantes, mais elles ne suffisent qu’aux besoins ordinaires ; si l’on n’avait eu recours à des emprunts qui s’élèvent maintenant au chiffre de près de 1,800 millions, Paris, comme au siècle dernier, serait un cloaque sans eau, sans lumière, sans salubrité, sans sécurité et sans voies de communication. Sous peine de voir la capitale de la France étouffer sur elle-même et périr de résorption, il a fallu accomplir ces gigantesques travaux d’assainissement, d’aération, malheureusement interrompus aujourd’hui, et qui s’étaient imposés avec une inéluctable nécessité. C’était là pour notre ville un surcroît de charges auxquelles on n’a pu faire face que par des sacrifices qui souvent ont été douloureux, mais qu’il était impossible d’éviter. Ce qui reste du vieux Paris est là pour l’attester ; certains quartiers anciens avoisinés par les quartiers nouveaux prouvent que la transformation commencée fut une œuvre d’utilité absolue, et qu’il faudra la reprendre dès que les circonstances le permettront ; il suffit de s’égarer dans les ruelles qui séparent les deux tronçons du boulevard Saint-Germain pour en être convaincu. Quelque indispensables que fussent ces travaux, ils n’ont pu être mis en œuvre sans peser singulièrement sur le budget de la ville, qui est obligée de payer les intérêts des dettes contractées et d’amortir celles-ci par annuités stipulées. Il faut donc à cette heure solder le passé, assurer le présent et préparer l’avenir ; c’est là une triple tâche féconde en difficultés, surtout après les événemens dont nous avons été assaillis, et il faut avouer que Paris s’en tire à son honneur.